Les Cathares montent à l’assaut de l’Unesco

20 janvier 2011

Actualités, Sites Pays Cathare

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/18/992208-Les-Cathares-montent-a-l-assaut-de-l-Unesco.html

Le château de Quéribus, dans l'Aude »/ Photo DDM

Le château de Quéribus, dans l'Aude »/ Photo DDM
Le château de Quéribus, dans l’Aude »/ Photo DDM

Les Cathares montent à l'assaut de l'Unesco dans Actualités

Et si les châteaux cathares de l’Aude et de l’Ariège étaient classés au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco ? Une idée qui chemine entre Carcassonne et Foix…

Unesco, potion magique ? Le conseil général de l’Aude vient en tout cas de lancer une réflexion pour demander le classement au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco de ses châteaux cathares. Il est vrai que le piémont audois recèle quelques ruines chargées d’histoire, quelques pierres et abbayes dignes d’un coup de tampon international.

« Depuis vingt ans, explique Valérie Dumonté, au conseil général de l’Aude, le département a entrepris une restauration de son patrimoine en rapport avec l’Occitanie et le catharisme. Nous avons aussi lancé la marque « pays cathare » pour donner une identité territoriale aux produits de l’artisanat, de l’agroalimentaire, des restaurants… Aujourd’hui, nous aimerions franchir une nouvelle étape. Ainsi, dans le cadre du projet AuDevant, piloté par le vice-président du conseil général André Viola, l’idée de demander un classement par l’Unesco nous est venue. »

Valérie Dumonté en convient : l’affaire en est à ses premiers balbutiements. Mais l’Aude aimerait bien s’entendre sur ce dossier avec l’Ariège, qui elle aussi détient quelques perles comme Montségur ou Roquefixade. Un projet que le président ariégeois Augustin Bonrepaux voit d’un très bon œil : « Je ne suis pas contre le principe d’une collaboration avec l’Aude sur un tel projet. »

« Nous travaillons déjà avec l’Ariège sur les Chemins de Saint-Jacques ou le Massif Pyrénéen » confirme Valérie Dumonté. L’Aude est déjà plutôt bien dotée en matière de classement au patrimoine de l’Humanité. Tout d’abord, avec la Cité de Carcassonne, célèbre forteresse astucieusement réhabilitée par Viollet-le-Duc. Et elle est traversée de part en part par un autre monument classé par l’Unesco : le Canal du Midi. Ce serait un vrai tour de force d’accrocher un troisième classement.

« Nous allons tout d’abord examiner les critères requis par l’Unesco, puis nous allons voir si ces critères correspondent au patrimoine que nous avons. En tout cas, assure Valérie Dumonté, c’est une aventure qui commence ! »

Et pour ce qui est de partir à l’assaut des grandes citadelles, ils s’y connaissent, les Cathares !


Expert : Claude Marti, chanteur occitan

«Pour moi, c’est déjà fait…»

« Il arrive que dans l’Histoire, de vastes communautés d’hommes puissent avoir besoin de poser un nouveau regard sur leur place dans l’univers , en ne tenant plus compte des idées qui s’imposaient auparavant. Les Cathares ont été les témoins d’un tel cheminement dans la remise en cause d’un système qui apparaissait alors comme intangible…

Voilà pourquoi ces lambeaux de pierre qui subsistent depuis le XIIe ou le XIIIe siècle nous sont chers. Ils sont pour nous pourvoyeurs d’émotion, de méditation sur l’histoire. Les idées du catharisme, le sens du partage, l’horreur du meurtre, l’idée d’égalité absolue, la soif de connaissance… ces idées, qui étaient très modernes, ont survécu.

Les châteaux cathares servent à nous remémorer des choses qui peuvent nous servir aujourd’hui. C’est pourquoi je monte une ou deux fois par an à Quéribus ou Montségur, comme d’autres personnes, d’ici ou d’ailleurs : parce que, pour nous, ces châteaux sont déjà inscrits au patrimoine de l’Humanité. »

Recueilli par D.D.


Le chiffre : 220

«parfaits» > sont morts. sur le bûcher de Montségur en 1244. On considère qu’il s’agit là du dernier acte de l’aventure cathare. Mais l’esprit des «parfaits» souffle toujours sur l’Occitanie….


Ils veulent aussi être classés

Le classement Unesco de la Cité d’Albi a donné des idées à d’autres. La cité voisine de Rodez s’est également emparée du dossier de candidature, avec la volonté de décrocher le précieux sésame d’ici dix ans. « Les Aveyronnais sont fiers de leur aligot-saucisse », a rappelé récemment le maire Christian Teyssèdre. « Il faut qu’ils soient fiers de leur patrimoine riche et bimillénaire. Sur ce label Unesco, nous sommes réalistes. Albi a débuté son travail en 1968 pour être labellisée il y a quelques mois seulement. Mais depuis, l’impact économique est énorme avec 30 % d’activité en plus dans les commerces albigeois. Alors, pourquoi pas Rodez ? »

Cette interrogation, d’autres se la posent également dans le Grand Sud. Le conseil général de l’Aude, qui réfléchit au classement de ses châteaux cathares, y intégrera également la candidature de l’abbaye de Fontfroide, deuxième site du département le plus visité après le château comtal de Carcassonne.

Ainsi Bordeaux et son port de la Lune, donne des idées à Toulouse, candidate depuis peu un classement global. La Ville rose, rappelons-le, possède déjà 51 monuments classés au patrimoine, et profite également de l’attractivité touristique du Canal du Midi. Sa candidature permettrait ainsi de dynamiser l’essor touristique de Toulouse, comme cela a été le cas sur un grand nombre de sites de Midi-Pyrénées.

Pour Saint-Bertrand-de-Comminges en Haute-Garonne, Rocamadour dans le Lot, ou encore l’église de Conques dans l’Aveyron, il y a bien eu un « avant » et un « après » classement Unesco. Mais au-delà de l’aspect économique, le classement Unesco souligne bien le caractère exceptionnel de certains coins de la planète.

À ce jour, la Liste du patrimoine mondial reconnaît 890 biens « d’une valeur universelle exceptionnelle », dont 689 culturels, 176 naturels et 25 mixtes, dans 148 États… De quoi organiser un joli tour du monde.


«Citadelles royales françaises»

Pour Anne Brenon, historienne et spécialiste du catharisme : «A priori, cela me semble aussi justifié que pour bien d’autres, ces châteaux sont en effet absolument magnifiques : Quéribus, pour qui j’ai un petit «faible», Peyrepertuse, Puilaurens, Termes, Cabaret… Le seul point sur lequel l’intérêt doit être porté, si on veut que tout cela ait un sens, c’est d’éviter de les appeler des «châteaux cathares», mais au contraire, de leur rendre leur identité de «citadelles royales françaises» – édifiées par le pouvoir capétien dans la deuxième moitié du XIIIe et début XIVe siècle pour asseoir sa présence armée.

Le terme «château cathare» n’est que marketing. Il est relativement nuisible car il entretient la vision, contraire à toute réalité historique, d’hérétiques fuyant le monde sur des crêtes solitaires, alors que les communautés des bons hommes et bonnes femmes dits «cathares» avaient pour vocation l’évangélisation en ses bourgades du peuple chrétien. Rendons donc à César ce qui est au roi, et à la surveillance militaire de la frontière aragonaise – ce qui n’enlève rien à la beauté des paysages et des ruines.»

 

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